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14/01/26
Le Mystère du Baptême du Seigneur
Relisons, ensemble, le mystère du baptême du Seigneur.
Is 42, 1-4.6-7 – Ps 28 (29) – Ac 10, 34-38 – Mt 3, 13-17
FILS DANS LE FILS !
Ce dimanche dernier, nous avons célébré le baptême de notre Seigneur Jésus-Christ.
Avec cette fête, le temps de Noël a touché à son terme et nous entrons dans le temps ordinaire de l’année du cycle A. Beaucoup d’entre nous peuvent se demander pourquoi Jésus a accepté de recevoir le baptême de Jean (un baptême de repentance), lui qui n’a pas connu de péchés et qui est Dieu. Jean-Baptiste avait la même préoccupation que nous puisqu’il a voulu en empêcher Jésus : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Mais Jésus a insisté en disant : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ». Par ce geste, Jésus a voulu s’identifier aux pécheurs en vue de sauver tous les pécheurs ; pour nous élever jusqu’à lui, il a voulu s’abaisser jusqu’à nous. Merveilleuse humilité de Dieu !
Si, aujourd’hui, appeler Dieu « Père » devient quelque chose de « courant » ou de « normal », cela n’a pas toujours été le cas. Dans l’Ancien Testament, la paternité divine était voilée, personne n’a osé appeler Dieu son Père, sinon que l’ensemble du peuple d’Israël qui était considéré comme le fils de Dieu : « Mon fils premier-né, c’est Israël » (Ex 4, 23). Avant Jésus-Christ, tous ceux et toutes celles qui ont marché dans les voies du Seigneur sont appelés « serviteur du Seigneur » ; c’est pourquoi le livre d’Isaïe développe les chants du serviteur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur ». Mais en Jésus-Christ, Dieu va révéler lui-même sa paternité divine : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Le Fils devient serviteur ; étant Fils depuis toute éternité, il s’est anéanti en prenant la condition du serviteur (cf. Ph 2, 7), permettant ainsi aux serviteurs de devenir des fils.
Jésus ne retient rien pour lui. En tant que « Fils bien-aimé », il partage avec nous tout l’amour qu’il reçoit de son « Père » : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). Ainsi, grâce à Jésus, nous pouvons appeler Dieu « Père », « notre Père ». Jésus va au-delà d’une simple fraternité humaine, car on peut être frères sans s’aimer véritablement (l’image de Caïn et Abel) ; en utilisant le mot « amis », il désigne ceux et celles qu’il aime et qui l’aiment et qu’il fait entrer dans la communion d’amour avec son « Père », « notre Père ».
Le baptême de Jésus nous rappelle que Dieu est « Père » et qu’en Jésus-Christ, son Fils, nous devenons à notre tour des fils et des filles bien-aimés : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » (1 Jn 3, 1). Depuis notre propre baptême, nous sommes entrés dans cette grande famille des enfants de Dieu, enfants de la Lumière, de la Vérité et de l’Amour. En sommes-nous conscients ?
« Dieu le Père a communiqué à Marie sa fécondité autant qu’une pure créature en était capable, pour lui donner le pouvoir de produire son Fils et tous les membres de son corps mystique. »(Père de Montfort, Traité de la vraie dévotion (VD), 17)
Père Ekenley JEAN-NOËL (Tito), smm
Feu de la Sagesse
